avril 21, 2024

Retraite des frontaliers Suisse-France : les défis de la réforme

## Le défi de la refonte des retraites pour les frontaliers franco-suisses
### Contexte des travailleurs transfrontaliers
Les travailleurs transfrontaliers qui partagent leur vie professionnelle entre la France et la Suisse font face à un système de retraite complexe. Les personnes qui ont été employées uniquement en Suisse, une fois à l’âge de la retraite, qui est de 65 ans, bénéficient d’une pension après avoir contribué pendant 44 ans. Toutefois, cela devient plus compliqué pour les individus ayant alterné entre emplois français et suisses – connus sous le terme de « polypensionnés ». Actuellement, la situation est incertaine.
### Les spécificités du système suisse
La retraite suisse repose sur trois composantes:
1. **Premier pilier** : l’assurance vieillesse et survivants, qui fournit une rente minimale.
2. **Deuxième pilier** : la prévoyance professionnelle où le montant dépend de l’employeur.
3. **Troisième pilier** : une prévoyance privée volontaire qui complète les deux premiers pour atteindre environ 85 à 90% du dernier salaire.
### Surveillance de la réforme en France
Les polypensionnés confrontés à la réforme en France sont dans l’expectative:
– Certains qui ont travaillé majoritairement en France et qui attendent jusqu’à 65 ans pour percevoir la part suisse de leur pension.
– D’autres qui ont commencé leur carrière en France avant de migrer en Suisse, où ils restent jusqu’à 65 ans pour bénéficier de leur pleine pension.
Actuellement, les travailleurs frontaliers font une réclamation détaillée de leurs trimestres travaillés dans chaque pays au moment de leur départ à la retraite, et ensuite, reçoivent leur pension respectivement.
### Impact potentiel de la réforme française
– **Cas général** : Les changements peuvent compliquer les calculs de pension pour les frontaliers, avec un âge de retraite repoussé à 64 ans et un nombre d’annuités requis augmentant à 43.
– **Travailleurs en fin de carrière** : Les personnes proches de l’âge de retraite mais sans emploi risquent de devoir s’inscrire au chômage si elles ne peuvent plus prendre leur retraite anticipée.
### Préoccupations spécifiques
– **Travail pénible** : Les travailleurs de la construction qui partent plus tôt n’auront accès qu’à une retraite française plus tardive et devront compter uniquement sur leur deuxième pilier en Suisse, souvent insuffisante pour vivre dignement.
– **Chômage avant retraite** : Face à une perte d’emploi avant l’âge de retraite, il était possible de demander une retraite française avant de toucher la Suisse. La réforme pourrait réduire cette possibilité, ce qui s’avère inquiétant.
### Conclusion
Les travailleurs frontaliers, tout particulièrement ceux ayant contribué à des systèmes de retraite des deux pays, sont dans l’inconnu face aux changements prévus par la réforme française des retraites. Des associations de défense des travailleurs frontaliers suivent de près les développements pour conseiller au mieux leurs adhérents.

Marion Stimer

Bonjour, je m'appelle Marion et je suis conseillère en prévoyance retraite en Suisse depuis 10 ans. Spécialisée en 3ème pilier, j'aide mes clients à préparer sereinement leur retraite. En dehors du travail, j'aime la randonnée et la natation.

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